Anne-Marie Pascoli

Anne Marie Pascoli

Journées d’études – Lille 3

2008

PRÉSENTATION

Journées d’études – L’ombre créatrice.

Réseau International de Recherche : « Pratiques artistiques et expérience humaine ».

Avant de réfléchir aux enjeux de cette thématique, nous proposons à chaque participant, de faire l’expérience de l’ombre avec des artistes : Enrique Vargas et le Théâtre des Sens de Barcelone, Anne-Marie Pascoli, chorégraphe (Compagnie Pascoli).  

Jeudi 14 février 2008 à 16h15

Université de Lille 3

Maison de la recherche – salle 008

3, Rue du Barreau

59650 Villeneuve-d’Ascq

Texte d’introduction à son intervention :

Mon dernier champ d’exploration chorégraphique m’a amené à la création de « Moderato Forte », chorégraphie où la vision du mouvement dansé est souvent interrompue dans son déroulement réel par une mise en lumière puis une mise en ombre, parfois sur un laps de temps très court. Cet artéfact déstructure ainsi une appréhension « lisse » de l’espace scénique, perturbe une seule lecture « évidente » du corps, propose d’autres « ressentis » du corps dansant, dans sa singularité ou en relation avec d’autres corps.

Ce travail est le petit point d’orgue d’un questionnement plus vaste, qui traverse toute ma démarche artistique, en tant que chorégraphe et danseuse : 

Quel est ce corps qui danse / Qu’est ce qui du non visible se donne à voir / Qu’est ce qui du non pensé advient à la pensée / Qu’est ce qui du non dit s’inscrit en formes qui font sens / Qu’est ce qui entre ombre et lumière ne cesse de nous faire advenir / ?

C’est de ce parcours incessant, à l’image d’un flux et d’un reflux permanent, dont il est question dans l’expérience du mouvement dansé, que ce soit dans l’intimité d’une danse en solo ou dans l’espace partagé du « danser ensemble ».

Le corps, dans l’évidence de son anatomie, est l’expression première du double lieu en un, toute son organicité est à l’ombre de sa peau, « montre ce que tu as dans les tripes » dit le langage trivial dans l’exhortation à rendre visible le caché, « la lumière de tes yeux éclaire mon cœur » cœur que je peux entendre ou sentir battre mais point voir dans le même temps.

Ombre et lumière nous révèlent différemment, différents, et surtout « multiples ».

Avant même que le mouvement naisse, existe, il s’appuie sur l’ombre qui le pense, sorte d’anacrouse à son jaillissement où se concentre sa nature propre.

L’ombre du mouvement comme gestation, accoucheuse du mouvement lui-même.

C’est peut être à ce creuset, sorte de source en devenir de résurgence, que se puisent les formes d’un « savoir autre » intuitif, non didactique, porteur des matières les plus brutes comme des plus fines.

Approcher, pénétrer en cette antre n’est pas sans risques, parce que c’est l’endroit par excellence de la plus grande complexité, de la dualité de toute chose, des nuances et des contrastes, un tumulte d’ombres et de lumières qui convoque en chacun de nos « acte posé », la difficile simplicité du choix conscient.  

Anne Marie Pascoli

Ce colloque a eu lieu autour d’un stage de deux jours : les 12 et 13 février 2008 à la Maison-Folie de Moulins, sur L’ombre du mouvement aux étudiants danseurs et non-danseurs de l’Université de Lille 3.

A l’appui de ses recherches et de sa création, Moderato-Forte sur le thème de l’ombre, elle abordera, entre autres, les notions de « compositions chorégraphiques » et de « mises en lumière/effacement ».

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